Brise Audio- Tsuranagi
Publié : 21 août 2023 15:26
Bonjour à tous !
J’ai eu la chance à travers l’entremise de @Lacaff de Headonist d’essayer le Brise Tsuranagi durant 10 bons jours. Il était accompagné d’une liaison 4.4 vers 4.4 Yatono de Brise Audio également pour adjoindre mon Hiby R8 en source. Parfaitement équipé donc (et merci pour l’équipement !).
Ce Brise Tsuranagi est un ampli portable. Ou plus précisément, transportable, car il a l’empreinte au sol d’un smartphone de grande taille, mais en hauteur l’équivalent de 3 empilés. Et tout d’abord, c’est quoi Brise ?
C’est une boîte japonaise spécialisée dans les câbles à la base. Des câbles fort bien considérés et à la tarification haut de gamme. Pour tester leurs câbles, ils ont décidé de faire eux-mêmes leurs sources afin de maîtriser toute la chaîne. Il faut croire qu’ils ne sont pas manchots (ou qu’ils se sont adressés à la bonne personne) en électronique, car les tests ayant été si concluants sur leur ampli portable, ils ont décidé de le commercialiser. Un appareil à part donc dans leur catalogue car il sort clairement de leur cœur de métier (chut, mais il paraît qu’ils se sont aussi montés un ampli sédentaire de dingue).
Mais intriguant forcément. Surtout quand on a lu les quelques retours qui émergent sur le web. Il ne m’en fallait donc pas plus pour me lancer dans l’aventure sitôt que Lacaff faisait sa proposition.
Pour info et mise en contexte de mes habitudes audiophiles, j’écoute habituellement le RSA SR-71b (ou The Intruder) et le Alo Mk3b+ en ampli « sédentaires » pour alimenter respectivement un Hifiman HE-6 et un ZMF Vérité Closed (les signatures/caractéristiques de chaque ampli faisant des mariages plus vieux et plus heureux). J’ai également un Hiby R8 qui sert de source/DAC dans cette configuration sédentaire, et également utilisé en classique DAP avec des Spiral Ear SE6 Edge ou des Final Audio A8000. Et pour info j’écoute principalement (très) du metal à tendance extrême.
Sur la dizaine de jours du prêt, j’ai pu passer en revue une partie de mes groupes favoris, tentant aussi bien du gros death metal bien produit que du black metal grésillant. Les écoutes les plus révélatrices ayant eu pour objet Leprous (formidable groupe de metal progressif Suédois) et Daft Punk (form… oui bon vous connaissez).
En fait, tout a débuté le jour même du prêt, pour 5 grosses minutes, n’ayant que très peu de temps avant de devoir m’éclipser. J’ai voulu entendre. Ecouter. Prendre le pouls. Bam, HE-6 direct pour voir ce qu’il a dans le buffet. Je tourne le volume (on part de 0 puis on monte pour allumer) et je monte assez fort car bouger un HE-6, ça se mérite. Sauf que stupeur, je dois m’arrêter car je commence à avoir les oreilles qui saignent !
Ok, en 5 minutes je sais donc une chose : il a une sacrée patate. Vraiment sacrée. Un test ultérieur pour voir les limites m’a révélé que je devais céder à environ 75-80% de la course du potard, sachant qu’il est en mode logarithmique.
Je savais également une deuxième : propreté.
En poussant et variant les écoutes par la suite, je garde 2 caractéristiques majeures de cet ampli : propreté et fond noir. Complémentaires mais pas identiques. La propreté c’est cette faculté à ne pas introduire de bruit/distorsion sur une quelconque gamme de fréquences, et ce qu’importe la volume exigé (dans la limite de vos tympans bien sûr). Le fond noir, comme son nom l’indique, c’est la capacité à ne produire aucun bruit de fond en cas de silence. Le premier est donc très utile pour comprendre tout le message qui vous est envoyé, le deuxième pour saisir les nuances des musiques douces (ce qui pour mon cas fatalement n’est franchement pas important…).
Et c’est bien cela qui s’avèrera être le fil rouge de cette dizaine de jours. Et en même temps les limites de mon appréciation de l’ampli. Car s’il se débrouille aussi bien avec le HE-6 qu’avec le Vérité Closed (même si j’avoue avoir beaucoup plus écouté avec le HE-6 tant c’était épatant), cette propreté, cette netteté, voire clarté ne suffit pas à emporter mon adhésion totale. Alors oui, c’est un énorme point positif, mais il faut savoir ses goûts et ses attentes. Tout autant que son matériel déjà en possession.
Je me suis donc fendu d’une comparaison directe entre Tsuranagi, SR-71b et Mk3b+. Avec en qualité de témoins Daft Punk – Random Access Memories, Leprous – Malina et Korn – Untouchables. En alternant également HE-6 (sur Mk3b+ uniquement) et Vérité Closed (sur SR-71b uniquement).
Et la comparaison porta ses fruits. Car finalement sur la capacité à rendre les basses, medium, aigus, la scène, le détourage, la dynamique etc… cela a chaque fois été un combat très proche (à mes oreilles). En fait, les 3 amplis sont d’excellents performeurs qui savent alimenter excellemment mes casques. Pour le Tsuranagi avec le mérite supplémentaire de devoir indistinctement s’acquitter de la tâche sur les 2 casques. Le tout avec une transparence qui fait qu’on a vraiment l’impression d’entendre les casques plus que l’ampli. Si votre casque fait des basses, il les fera. S’il fait plutôt des medium, itou. Mais en soi, je dirais qu’il n’a pas de signature propre, si ce n’est cette rectitude justement.
Reste qu’il ne m’apporte pas cette émotion supplémentaire, ce supplément d’âme qui se dit qu’on franchit un cap. Ne vous méprenez pas, le copie rendue est super, mais je crois bien que mon équipement actuel est également super malgré son âge. Ou super adapté à la fois à mes casques et à mes goûts. Face à ça, ce qui distingue le Tsuranagi, cette propreté et ce fond noir, ne suffisent ni ne correspondent à mes attentes et à ce que je cherche à distinguer au cours d’une écoute comparative.
Pour info, j’ai également tenté/testé l’écoute d’intras et force est de constater que d’une ce n’est pas ce qui m’intéressait, de deux sur la faible plage temporelle que j’ai daigné accorder à ce test, rien ne m’a paru justifier de manière évidente l’adjonction du Tsuranagi au R8. Peut-être sur des écoutes approfondies cela ce serait-il ressenti, mais à quoi bon ? Je n’écoute pas en nomade avec la même dédication qu’en sédentaire.
Au final.
Un prêt à la fois sacrément plaisant tout autant qu’instructif. Plaisant car on sent qu’on est en présence d’un appareil d’exception, tant dans ses performances que dans sa construction. Je n’en ai pas encore parlé mais la qualité de fabrication ainsi que les finitions sont im-pec-ca-bles. A la japonaise quoi. Le bouton de volume par exemple est d’une souplesse et d’une précision diaboliques. La résistance qu’il oppose respire la solidité. Tout comme le poids de l’enfin ainsi que le boîtier de métal.
Instructif car je ne suis pas à la recherche de la performance absolue. Mes précédents comparatifs ont mis en lumière le fait que je n’apprécie pas plus que ça les scènes larges, et que le frontal à ma préférence. Le Tsuranagi m’a convaincu que je ne suis pas un maniaque de la propreté. J’aime distinguer, mais j’aime également le grain sale je pense. Et c’est en ça que le HE-6 me plaît autant. Il est hautement capable sur toutes les fréquences, il détoure merveilleusement ET sur sa pointe d’acidité dans les aigus, il vient oblitérer subtilement et juste ce qu’il faut ce tableau idyllique. Voici ce qu’il manque au Tsuranagi à MES oreilles. Autrement, vous avez un ampli portable du tonnerre en terme de pure qualité sonore.
Autre point, il est annoncé pour les intras. Honnêtement, je ne comprendrais pas l’acheter 100% pour une écoute intras. Il n’a pas de gain, donc écouter des intras dessus revient à jouer avec les… pfff maxi 40 premiers % du bouton de volume pas plus sous peine de s’écorcher à vie toute capacité d’écoute. Alors oui il est super propre et c’est parfait pour les intras à ce niveau, mais comme disent les Anglo-Saxons, en terme de puissance disponible c’est total overkill. Et vu le résultat avec les casques, faites-moi plaisir, et écoutez donc des casques sédentaires avec ce formidable appareil. Il a le coffre pour, et littéralement pour tous les casques du marché, y compris les orthos ultra peu sensibles.
L’ultime question, et l’habituelle rengaine de l’audio haut de gamme, demeure celle du prix. Chacun connaît son budget, ses limites et ses espérances. A vous de faire le tour pour savoir où se situe le point d’équilibre, mais il est indéniable que cet ampli peut apporter les petits pourcents finaux en plus.
J’ai eu la chance à travers l’entremise de @Lacaff de Headonist d’essayer le Brise Tsuranagi durant 10 bons jours. Il était accompagné d’une liaison 4.4 vers 4.4 Yatono de Brise Audio également pour adjoindre mon Hiby R8 en source. Parfaitement équipé donc (et merci pour l’équipement !).
Ce Brise Tsuranagi est un ampli portable. Ou plus précisément, transportable, car il a l’empreinte au sol d’un smartphone de grande taille, mais en hauteur l’équivalent de 3 empilés. Et tout d’abord, c’est quoi Brise ?
C’est une boîte japonaise spécialisée dans les câbles à la base. Des câbles fort bien considérés et à la tarification haut de gamme. Pour tester leurs câbles, ils ont décidé de faire eux-mêmes leurs sources afin de maîtriser toute la chaîne. Il faut croire qu’ils ne sont pas manchots (ou qu’ils se sont adressés à la bonne personne) en électronique, car les tests ayant été si concluants sur leur ampli portable, ils ont décidé de le commercialiser. Un appareil à part donc dans leur catalogue car il sort clairement de leur cœur de métier (chut, mais il paraît qu’ils se sont aussi montés un ampli sédentaire de dingue).
Mais intriguant forcément. Surtout quand on a lu les quelques retours qui émergent sur le web. Il ne m’en fallait donc pas plus pour me lancer dans l’aventure sitôt que Lacaff faisait sa proposition.
Pour info et mise en contexte de mes habitudes audiophiles, j’écoute habituellement le RSA SR-71b (ou The Intruder) et le Alo Mk3b+ en ampli « sédentaires » pour alimenter respectivement un Hifiman HE-6 et un ZMF Vérité Closed (les signatures/caractéristiques de chaque ampli faisant des mariages plus vieux et plus heureux). J’ai également un Hiby R8 qui sert de source/DAC dans cette configuration sédentaire, et également utilisé en classique DAP avec des Spiral Ear SE6 Edge ou des Final Audio A8000. Et pour info j’écoute principalement (très) du metal à tendance extrême.
Sur la dizaine de jours du prêt, j’ai pu passer en revue une partie de mes groupes favoris, tentant aussi bien du gros death metal bien produit que du black metal grésillant. Les écoutes les plus révélatrices ayant eu pour objet Leprous (formidable groupe de metal progressif Suédois) et Daft Punk (form… oui bon vous connaissez).
En fait, tout a débuté le jour même du prêt, pour 5 grosses minutes, n’ayant que très peu de temps avant de devoir m’éclipser. J’ai voulu entendre. Ecouter. Prendre le pouls. Bam, HE-6 direct pour voir ce qu’il a dans le buffet. Je tourne le volume (on part de 0 puis on monte pour allumer) et je monte assez fort car bouger un HE-6, ça se mérite. Sauf que stupeur, je dois m’arrêter car je commence à avoir les oreilles qui saignent !
Ok, en 5 minutes je sais donc une chose : il a une sacrée patate. Vraiment sacrée. Un test ultérieur pour voir les limites m’a révélé que je devais céder à environ 75-80% de la course du potard, sachant qu’il est en mode logarithmique.
Je savais également une deuxième : propreté.
En poussant et variant les écoutes par la suite, je garde 2 caractéristiques majeures de cet ampli : propreté et fond noir. Complémentaires mais pas identiques. La propreté c’est cette faculté à ne pas introduire de bruit/distorsion sur une quelconque gamme de fréquences, et ce qu’importe la volume exigé (dans la limite de vos tympans bien sûr). Le fond noir, comme son nom l’indique, c’est la capacité à ne produire aucun bruit de fond en cas de silence. Le premier est donc très utile pour comprendre tout le message qui vous est envoyé, le deuxième pour saisir les nuances des musiques douces (ce qui pour mon cas fatalement n’est franchement pas important…).
Et c’est bien cela qui s’avèrera être le fil rouge de cette dizaine de jours. Et en même temps les limites de mon appréciation de l’ampli. Car s’il se débrouille aussi bien avec le HE-6 qu’avec le Vérité Closed (même si j’avoue avoir beaucoup plus écouté avec le HE-6 tant c’était épatant), cette propreté, cette netteté, voire clarté ne suffit pas à emporter mon adhésion totale. Alors oui, c’est un énorme point positif, mais il faut savoir ses goûts et ses attentes. Tout autant que son matériel déjà en possession.
Je me suis donc fendu d’une comparaison directe entre Tsuranagi, SR-71b et Mk3b+. Avec en qualité de témoins Daft Punk – Random Access Memories, Leprous – Malina et Korn – Untouchables. En alternant également HE-6 (sur Mk3b+ uniquement) et Vérité Closed (sur SR-71b uniquement).
Et la comparaison porta ses fruits. Car finalement sur la capacité à rendre les basses, medium, aigus, la scène, le détourage, la dynamique etc… cela a chaque fois été un combat très proche (à mes oreilles). En fait, les 3 amplis sont d’excellents performeurs qui savent alimenter excellemment mes casques. Pour le Tsuranagi avec le mérite supplémentaire de devoir indistinctement s’acquitter de la tâche sur les 2 casques. Le tout avec une transparence qui fait qu’on a vraiment l’impression d’entendre les casques plus que l’ampli. Si votre casque fait des basses, il les fera. S’il fait plutôt des medium, itou. Mais en soi, je dirais qu’il n’a pas de signature propre, si ce n’est cette rectitude justement.
Reste qu’il ne m’apporte pas cette émotion supplémentaire, ce supplément d’âme qui se dit qu’on franchit un cap. Ne vous méprenez pas, le copie rendue est super, mais je crois bien que mon équipement actuel est également super malgré son âge. Ou super adapté à la fois à mes casques et à mes goûts. Face à ça, ce qui distingue le Tsuranagi, cette propreté et ce fond noir, ne suffisent ni ne correspondent à mes attentes et à ce que je cherche à distinguer au cours d’une écoute comparative.
Pour info, j’ai également tenté/testé l’écoute d’intras et force est de constater que d’une ce n’est pas ce qui m’intéressait, de deux sur la faible plage temporelle que j’ai daigné accorder à ce test, rien ne m’a paru justifier de manière évidente l’adjonction du Tsuranagi au R8. Peut-être sur des écoutes approfondies cela ce serait-il ressenti, mais à quoi bon ? Je n’écoute pas en nomade avec la même dédication qu’en sédentaire.
Au final.
Un prêt à la fois sacrément plaisant tout autant qu’instructif. Plaisant car on sent qu’on est en présence d’un appareil d’exception, tant dans ses performances que dans sa construction. Je n’en ai pas encore parlé mais la qualité de fabrication ainsi que les finitions sont im-pec-ca-bles. A la japonaise quoi. Le bouton de volume par exemple est d’une souplesse et d’une précision diaboliques. La résistance qu’il oppose respire la solidité. Tout comme le poids de l’enfin ainsi que le boîtier de métal.
Instructif car je ne suis pas à la recherche de la performance absolue. Mes précédents comparatifs ont mis en lumière le fait que je n’apprécie pas plus que ça les scènes larges, et que le frontal à ma préférence. Le Tsuranagi m’a convaincu que je ne suis pas un maniaque de la propreté. J’aime distinguer, mais j’aime également le grain sale je pense. Et c’est en ça que le HE-6 me plaît autant. Il est hautement capable sur toutes les fréquences, il détoure merveilleusement ET sur sa pointe d’acidité dans les aigus, il vient oblitérer subtilement et juste ce qu’il faut ce tableau idyllique. Voici ce qu’il manque au Tsuranagi à MES oreilles. Autrement, vous avez un ampli portable du tonnerre en terme de pure qualité sonore.
Autre point, il est annoncé pour les intras. Honnêtement, je ne comprendrais pas l’acheter 100% pour une écoute intras. Il n’a pas de gain, donc écouter des intras dessus revient à jouer avec les… pfff maxi 40 premiers % du bouton de volume pas plus sous peine de s’écorcher à vie toute capacité d’écoute. Alors oui il est super propre et c’est parfait pour les intras à ce niveau, mais comme disent les Anglo-Saxons, en terme de puissance disponible c’est total overkill. Et vu le résultat avec les casques, faites-moi plaisir, et écoutez donc des casques sédentaires avec ce formidable appareil. Il a le coffre pour, et littéralement pour tous les casques du marché, y compris les orthos ultra peu sensibles.
L’ultime question, et l’habituelle rengaine de l’audio haut de gamme, demeure celle du prix. Chacun connaît son budget, ses limites et ses espérances. A vous de faire le tour pour savoir où se situe le point d’équilibre, mais il est indéniable que cet ampli peut apporter les petits pourcents finaux en plus.